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Par Infocrate :: 24/07/2007 à 9:28 :: 9. Billets d'humeur


Allez à la Poste dépasse parfois la simple corvée administrative.

Surtout si l'on tend l'oreille, et que de manière certes indiscrète mais néanmoins sincèrement intéressée, l'on prête attention aux propos qui se tiennent dans les rangs des usagers qui partagent votre (bonne) heure d'attente.

Nous sommes donc là, à piétiner, se lamenter, râler, par plus de 30°, à attendre que le seul employé disponible (réduction des coûts oblige?) puisse enfin s'occuper de chacun d'entre nous. J'ai le n° 486, le compteur de malheureux attendant leur tour indiquant le n° 452. Autant dire que ma curiosité va avoir de quoi être satisfaite. En d'autres termes, j'ai tout le temps d'écouter mes camarades d'infortune...

Ce sont les propos d'une dame assez âgée qui provoque chez moi les premieres contractions de maxillaires. Je serre les dents, mais pas trop, je ne vais pas me faire péter les couronnes non plus, tout ça à cause des conneries d'une ancienne cadre (elle l'a glissé dans la conversation qu'elle entretient avec son amie, juste derrière elle) qui crache sur la CSG.

Madame est à la retraite, et félicite le hasard qui a bien voulu lui permettre de partir avant l'apparition de la dite taxe. "Non, mais c'est vrai, ils nous taxent de partout maintenant, j'ai eu de la chance moi, je suis parti avant la CSG...". J'essaie, de mémoire, de retranscrire ses paroles le plus fidèlement possible.
Elle continue "Contribution sociale, non mais tu te rends compte, ce sont ceux qui bossent qui doivent aider les autres à payer le loyer..."

Analyse économico-sociale de haute volée, je vous laisse apprécier...
D'ailleurs, à bien y réfléchir, et bien que n' étant pas expert en matière de fiscalité, je suis quasiment persuadé que cette conne (désolé, c'est plus fort que moi) doit en payer une partie sur sa retraite.
Je décide de briser son petit plaisir mesquin d'avoir "échappé à la CSG", et lui signale que "il faudrait vérifier madame, mais je pense que vous payez cet impôt comme tout le monde". Puis je décide de tenter d'achever la rombière, en lui signalant que l'impôt en question risque d'ailleurs d'augmenter dans peu de temps.

Elle frôle la crise d'apoplexie. Au minimum. Voire l'infarctus.

"Et pourquoi ils feraient ça, monsieur?"

Je prends le temps de respirer, me persuade de na pas lui sauter à la gorge, où de ne pas lui faire bouffer son immonde clebs qui n'a de chien que les grognements et aboiements intempestifs dont il nous gratifie depuis une bonne demi-heure maintenant... Houuuu, respire, mon petit, zen. A moins que je ne lui introduise son chihuahua par d'autres voies que celles orales?

"Je crois, madame, que, sans être compétent dans ce domaine, il est à la portée du premier venu de comprendre que les cadeaux fiscaux consentis en ce moment aux riches devront être compensés, d'une manière ou d'une autre. Alors pourquoi pas une augmentation de la CSG? Il faudra bien, de toutes façons, que l'argent qui ne rentre plus dans les caisses de l'Etat soit trouvé ailleurs..."

Je vois dans son regard que ma phrase est un peu trop longue, oserais-je dire trop complexe? Dans le doute, je synthétise pour elle, et la cantonnade, qui désormais nous écoute également.

"En clair, plutôt que de déplorer qu'un impôt vise à réduire les inégalités, vous devriez vous inquiétez des changements fiscaux qui les creusent."

...

"Les inégalités", je suis obligé de préciser, la dame n'avait pas suivi.

Quelques hochements de tête approbateurs dans l'assitance. Fort de ce relatif succès, je m'emballe, et ajoute que la cohésion sociale, au vu de l'état de notre pays, dépend de notre capacité à redistribuer.

...

"Prendre aux riches pour donner aux pauvres", la dame ne suivait toujours pas.
A cette ultra-simplification de mes propos, c'est son amie qui, à son tour, s'en prend à moi.

"Monsieur, vous ne pouvez pas dire ça!". Mais qu'est-ce qu'elle a la seconde momie channelisée? Elle veut sa part de chihuahua?

"Est-ce que vous savez quelles bénéfices réalise la société qui m'emploie?
5 milliards d'euros, madame.
De BENEFICES, je ne vous parle pas de chiffres d'affaires, mais de BENEFICES.
Alors si, prendre aux riches pour donner aux pauvres, je peux le dire, et je le dis."

Nouveaux hochements de têtes, mais je suis loin de faire l'unanimité, et les regards chargés de haine, ou de mépris de la majorité de l'assemblée me font tourner le dos, et stopper net la conversation.

Voilà qui illustre parfaitement, à mes yeux, ce que je déplore à longueur de billets.
La propagande à fait son oeuvre, et, pire que Sarkozy, pire que l'UMP, c'est désormais la majeure partie de la population qui défend le droit des possédants à posséder toujours plus, à partager toujours moins.

Le culte de l'individualisme porté à son paroxysme. Erigé en modèle de société. Quels qu'en soient les coûts, sociaux et donc humains.

Ce qui me pousse en ce moment à penser qu'il n'y aura aucun sursaut, aucun réveil, tant que le peu de choses que possèdent ces candidats à la richesse ne sera pas menacé. Si tant est qu'il y ait une réaction, ou qu'elle soit encore possible, même tardive.

Et aurais-je vraiment envie de soutenir "ces gens-là" dans leur lutte?
Une fois leurs petits pavillons mis en péril,  leurs gros 4X4 revendus, leurs abonnements au squash ou au golf rendus, ceux-ci vont se rendre compte que "oui, ah ben, oui, IL FAUT PARTAGER".

Très peu pour moi. J'en ai la nausée à l'avance.
Et mon découragement de s'accroître, pour le coup, à l'instar des inégalités.



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